- Tous
- Chronique d'album
-
Interviews
A lire
- Tous
- Chronique d'album
- Interviews
On savait
Chilly Gonzales inclassable et en réinvention perpétuelle, bondissant d’une
esthétique à l’autre avec une aisance déconcertante. Son dernier LP en date, Soft
Power (2008), fut perçu comme un chef-d’œuvre incompris. Que ce soit
clair : je fais partie de ceux qui n’ont rien entravé. N’empêche, et en
dépit de son intitulé, Ivory Tower est bien plus accueillant. À
l’origine, une histoire de potes : Gonzales imagine un film retraçant
l’histoire d’un joueur d’échecs qui utiliserait les techniques d’improvisation
du jazz. S'offre le premier rôle, s'entoure de ses compatriotes Tiga et
Peaches, et confie la réalisation au Puppetmastaz Adam Traynor. Et ne
fait rien comme tout le monde, puisque c'est la bande originale qui sert de
trame au long-métrage. Signée par Gonzales et Alex Ridha, alias
Boys Noize, Ivory Tower étonne moins de la part du poilu canadien que de
celle son acolyte berlinois, peu réputé pour sa subtilité. Or, le tandem
déroule le fil d’une electropop nostalgique, perdue quelque part entre 1975 et
1987 – période à la fois fantasmée et revisitée avec les moyens actuels.
Gonzo effleure les touches d’ivoire comme à l’époque de Solo Piano (2004), et Ridha rythme le tout d’une house fine, sensuelle et discrètement moroderienne. Le premier déplacement, Knight Moves, est une plongée en apnée entre notes cristallines et rythmes synthétiques. Presque totalement instrumentale, Ivory Tower laisse la part belle aux trouvailles de l’Allemand (effets de souffle, basses profondes ou funky, enveloppes de rythmes) et aux mélodies contagieuses du Canadien. Qui ne peut s’empêcher d’injecter un peu d’humour lors de ses rares performances vocales (le texte farfelu de I Am Europe, le hip hop de The Grudge, son refrain façon Broadway) et se paie une tranche de mélodie bien cheesy (You Can Dance). Ailleurs, le duo se souvient des action movies 80’s stéroïdés (Smothered Mate, collision entre le space rock, des cordes délicates, la puissance de Boys Noize et les facéties de Gonzales), s’enivre de ritournelles de clavecin (Rococo Chanel), présente Michael Nyman à Daft Punk (Never Stop) et inonde le tout de mélancolie lors des deux sommets de l’album, la fabuleuse Bittersuite (rencontre au sommet entre John Carpenter, Chateau Marmont et Riz Ortolani) et la bouleversante Final Fantasy. En dix coups seulement, cette partie de haut vol offre l’occasion de redécouvrir Boys Noize, tellement plus intéressant dans ce turbin qu’aux turbines, et permet de renouer (s’il le fallait) le contact avec l’électron libre de Montréal. Echec it out!
> Visionnez les extraits Bittersuite et I Am Europe.
Gonzo effleure les touches d’ivoire comme à l’époque de Solo Piano (2004), et Ridha rythme le tout d’une house fine, sensuelle et discrètement moroderienne. Le premier déplacement, Knight Moves, est une plongée en apnée entre notes cristallines et rythmes synthétiques. Presque totalement instrumentale, Ivory Tower laisse la part belle aux trouvailles de l’Allemand (effets de souffle, basses profondes ou funky, enveloppes de rythmes) et aux mélodies contagieuses du Canadien. Qui ne peut s’empêcher d’injecter un peu d’humour lors de ses rares performances vocales (le texte farfelu de I Am Europe, le hip hop de The Grudge, son refrain façon Broadway) et se paie une tranche de mélodie bien cheesy (You Can Dance). Ailleurs, le duo se souvient des action movies 80’s stéroïdés (Smothered Mate, collision entre le space rock, des cordes délicates, la puissance de Boys Noize et les facéties de Gonzales), s’enivre de ritournelles de clavecin (Rococo Chanel), présente Michael Nyman à Daft Punk (Never Stop) et inonde le tout de mélancolie lors des deux sommets de l’album, la fabuleuse Bittersuite (rencontre au sommet entre John Carpenter, Chateau Marmont et Riz Ortolani) et la bouleversante Final Fantasy. En dix coups seulement, cette partie de haut vol offre l’occasion de redécouvrir Boys Noize, tellement plus intéressant dans ce turbin qu’aux turbines, et permet de renouer (s’il le fallait) le contact avec l’électron libre de Montréal. Echec it out!
> Visionnez les extraits Bittersuite et I Am Europe.