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Le troisième album Supernature (2005) accentue le trait electro-disco-clash, parfois à la limite de la caricature, mais avec un indéniable succès. Ooh La La et Number 1 ouvrent ainsi sans surprise cette compilation incomplète (Fly Me Away, le quatrième extrait pop, a disparu). Titre froidement dansant et sexuellement explicite, Ooh La La fonctionne justement parce qu’il exclut toute sophistication (“Je ne veux pas un truc à la Baudelaire/Juste de la lubricité glitter”, chante-t-elle.) On parie que Lady Gaga l’a écouté en boucle. Chanson du désir (“I’m like a dog to get you”), Number 1 confronte des claviers rappelant la fin de Joy Division (ou le tout début de New Order) à la voix presque impavide d’Alison. Plus troublant, Ride A White Horse joue d’une rythmique bien rigide, mais agrémentée de claviers aux mélodies chantournées, Alison interprétant son texte ambigu avec la distance d’une diva disco new-wave. Trois ans plus tard, le LP Seventh Tree (2008) marque un nouveau changement radical. Fatiguée des excès dance ? Sur la pochette, Alison apparaît habillée en Arlequin. Les tempos se ralentissent. Finies ou presque, les mécaniques rythmiques synthétiques. Le disque semble renouer avec l’esprit des débuts, mais avec un feeling plus pastoral et un sens de l’accroche pop plus littéral, à l’image de l’édénique A&E. Happiness renvoie même, par certains sons, aux débuts du psychédélisme britannique. Un disque apprécié par la critique, mais bien moins populaire que Supernature. Dernier album en date, Head First (2010) replonge tête la première dans la dance. Le premier single, Rocket, fourmille d’affreux synthétiseurs FM eighties et affiche une mélodie gênante de facilité. Believer rattrape l’affaire en réintroduisant l’indispensable trouble, préservé malgré un refrain fait pour danser mains en l’air. Les deux morceaux inédits, spécialement enregistrés pour la compilation, donnent-ils une idée du futur de Goldfrapp ? Yellow Halo est une ballade fantomatique, avec une voix languissante bizarrement mixée très en avant, et un développement orchestral sans grande surprise. Melancholy Sky, encore une ballade avec tambourin et arpège de guitare, possède un parfum sixties à la Judy Collins. S’il faut s’y fier, Goldfrapp aurait une nouvelle fois renvoyé le démon de la danse dans son enfer. Mais en est-on si certain ?
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