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S'il fallait en cette fin confuse de décennie coller une de ces méchantes étiquettes (pourtant chéries de la chronique et insupportables pour leurs protagonistes) au rock instrumental de Golden, les invariables adjectifs du genre (postrock, etc...) risqueraient fort de circuler impunément. Mais l'auditeur, même averti, se délecte toujours de ces petits mots juxtaposés aux accents anglais et se vautre le plus souvent sans retenue dans ces partouzes verbales colorées comme le sapin de Noël du Crazy Horse (le club, pas le groupe). C'est donc à une double provocation qu'il faut avoir recours : s'en remettre malgré tout aux étiquettes, puis opter pour un terme, sans doute le plus approprié, rock progressif. Pourtant ni drogue, ni encens ne sont nécessaires, et les djellabas de papa peuvent restées pliées au grenier. À l'évidence, ce quatuor de Washington DC apprécie les structures outrancières rappelant celles des 70's, partage avec Robert Fripp ce goût pour la dissonance savante et la virtuosité dans l'interprétation. Ce premier album aurait pu être produit par Steve Albini, tant la violence et l'énergie rappellent celles de Shellac. Mais là aussi, les comparaisons font trop souvent oublier que les disques réussis ont généralement leur humeur propre, et Golden n'en manque pas.
Frédéric Fortuny
MAGIC RPM  #26
article extrait de :
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