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Pour amuser sa peine, Girls multiplie les clins d’œil fripons. Cette pochette chipée au Behaviour (1990) des Pet Shop Boys. L’exercice de style fifties Big Bad Mean Mother Fucker qui rembobine jusqu’au Back In The USA de Chuck Berry pour accélérer jusqu’au Breaking Up The Band des voisins sanfranciscains The Tyde. Le pétage de plomb shoegazing Morning Light qui crame la mélancolie et concentre en deux minutes tous les watts d’électricité benjamine autrefois chargée par Teenage Fanclub. Les vapeurs langoureuses de Headache qui invitent Ariel Pink à danser un dernier slow avant d’aller niquer sous crack…
Enfin, et surtout, pour incarner sa sensibilité changeante, Girls recèle un interprète magnétique qui déverse ses pleurs dans une fontaine de jouvence, qui mouille de sanglots son affection avec une grâce solaire, qui assortit le maniérisme à une sincérité que l’on pense aussi vive que les plaies. Ce crooner schizophrène a autant appris de Roy Orbison que de Matt Fishbeck (Holy Shit), de Brett Anderson que de R. Stevie Moore. Si l’ici-bas était chouette, Christopher Owens remplacerait fissa Peter Doherty dans les fantasmes culottés de tous les tendrons humides en quête d’expériences alitées.
Au début du clip originel de Lust For Life, le blondin abîmé s’affiche d’ailleurs en pleine intimité, au saut du pieux, vêtu d’un peignoir chamarré. En tirant sur une cibiche, il fait défiler quelques cartons annotés. “Me voilà… Qu’est-ce que vous en avez à faire ?… Regardez-moi…”. Ayé ! L’heure est enfin venue d’observer Girls au grand jour, de scruter la mine impassible de Chet Jr. White, de mirer la classe nonchalante de Christopher Owens. Et de ne plus lâcher des yeux ceux qui viennent de pénétrer pour toujours notre organe le plus vital.
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