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Vexations de Get Well Soon

chronique d'album
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On ne s’attendait certainement pas à autant chavirer à l’écoute du premier album du multi-instrumentaliste berlinois Konstantin Gropper, Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon(2008), tant il nous avait séduit par la flamboyance de ses arrangements et la maturité de ses compositions. Vingt-six ans, et une fascinante capacité à sculpter des mélodies, à les interpréter justement, à les arranger avec la grâce d’un grand, il y avait de quoi être étourdi. Vexations en est une suite digne, et encore plus aboutie. Écrit dans l’idée d’illustrer la palette de sentiments qui peuvent suivre une vexation, Gropper déploie sa poésie sombre à travers une mosaïque d’émotions. La colère, le dépit, la résignation sont autant d’inspirations pour aller encore plus loin dans ce lyrisme pop étincelant, ourlé comme une pièce classique et développé par une foison de références littéraires.

Chaque morceau fait ainsi également écho à une autre œuvre, du philosophe stoïcien Sénèque Le Jeune à Jean-Paul Sartre, jusqu’au réalisateur allemand Werner Herzog. Et pourtant, “malgré l’ambition de son travail”, la sincérité de Konstantin Gropper est totalement touchante. Et même lorsqu’une rythmique explose (Aureate!), et que l’on y retrouve quelques réminiscences de Radiohead, la musique de Get Well Soon reste suspendue dans un univers symphonique, où un craquement du bois clôt ce morceau d’une beauté vénéneuse. Car Konstantin Gropper a grandi près du lac de Constance entouré de musique classique, et même si Vexations est un petit chef-d’œuvre œuvre de pop ténébreuse et luxuriante, c’est perceptible à chaque note de son disque.
Thomas Schwoerer
MAGIC RPM  #138
article extrait de :
MAGIC RPM #138 Commander ce numéro
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