L'association Bandido organisatrice du festival Les Femmes S'en Mêlent et à qui l'on doit la découverte de Sophie Moleta en début d'année a une nouvelle fois mis la main sur une perle. Basé à Perth en Australie, Gata Negra est un trio constitué de Myles Durham (batterie) et Ant Gray (guitare) autour de Cate Hope (bass et chant) qui pratique une musique sombre et habitée, entre folk neurasthénique et post-rock mélancolique. Beaucoup d'effets sur la basse et la voix de la chanteuse donne un côté très planant à cette musique qui parait sans prise sur le temps tandis la guitare très mélodieuse et nonchalante tisse des circonvolutions presque inssaisissables. Impossible de ne pas évoquer les contemporains Red House Painters et Labradford ou les mésestimés Hugo Largo (deux albums superbes à la fin des années 80) à l'écoute de ce Cage Of Stars qui sous des abords un peu arty se révèle vite être un compagnon idéal. Chaque chanson avance à son rythme lent - et offre un petit condensé d'émotions, fragile et touchant. On se surprend alors dans une sorte d'extase béate, comme hypnotisé par la grâce d'un disque sans cesse en équilibre. Une pléiade d'invités, dont la réputation n'a pas encore dépassé les antipodes, contribue à la beauté de l'édifice par quelques notes de piano (Dream On Cady), un filet de voix (celui de Sophie Moleta justement sur My Little Bunny), l'ajout d'un violoncelle ou de beats plus électro. Avec Cage Of Stars, Gata Negra vient d'agrandir le cercle des filles qui, de PJ Harvey à Cat Power, n'hésitent pas à dévoiler leur intimité en musique.