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Toujours aussi scandaleusement négligé dans nos contrées, où plus aucun de ses albums n’a été distribué depuis Utopia Parkway (1999), Fountains Of Wayne poursuit à son rythme toujours triennal le fil d’une discographie irréprochable, désormais riche de cinq LP. À l’écoute de ces treize nouveaux titres confectionnés de mains de maître par Chris Collingwood et Adam Schlesinger, ce qui frappe une fois de plus et force une admiration éperdue, tout autant que leurs intuitions mélodiques souvent fulgurantes, c’est leur capacité à insuffler la vie à toute une galerie de personnages croqués avec ironie et tendresse.

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Les deux compères s’y entendent comme personne pour condenser dans un format pop bref et efficace une foule de détails croquignolets qui suffisent en quelque vers à conférer un surcroît d’épaisseur et une profonde humanité à leurs antihéros. Qu’il s’agisse de deux entrepreneurs ratés, incapables de mener à bien leurs projets farfelus (Richie And Ruben) ou du cadre new-yorkais cancéreux noyant ses angoisses existentielles dans la bière chinoise (Action Hero), l’illusion de réalité est toujours entretenue par un ancrage des actions décrites avec une brièveté exemplaire dans un décor extrêmement précis et propice à la projection des émotions (The Summer Place). C’est donc peu dire que l’on est ravi, une fois encore, de venir étancher sa soif de pop songs en s’abreuvant à l’eau de ces Fountains.
Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #155

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