Alors que les albums de rock se raccourcissent à vue d'oeil pour reprendre le format vinyle des trente et quelques minutes, Dave Grohl et ses trois amis se fendent d'un double album qui est en fait la juxtaposition de deux disques. Un premier aux guitares abondamment saturées et à la voix poussée du fond des poumons, un autre aux guitares acoustiques et aux arrangements plus variés. Chacun d'entre eux renferme des morceaux qui compteront parmi les meilleurs ou tout du moins les plus intéressants de l'abondante discographie de l'ex-batteur de Nirvana (dont c'est le cinquième Lp), mais le chef-d'oeuvre n'est pas encore pour aujourd'hui. Le morceau-titre introduit le disque avec une emphase (grands roulements de toms) et une lourdeur paradoxalement efficaces. C'est là qu'on mesure tout l'intérêt du stage que Grohl a fait, il y a quatre ans, chez ses copains de Queens Of The Stone Age. Excellent titre, tout comme The Last Song et son refrain catchy qui rappelle ceux de la formation punk culte The Ruts. En revanche, le premier single, Best Of You, sonne trop comme de la chair power pop rock pour radios formatées. Sur le deuxième volume, en dehors de Friend Of A Friend qui ressemble à une ballade nirvanesque, on retiendra surtout la légère bossa Virginia Moon (en duo avec Norah Jones !) et Razor, à l'arpège qui monte et descend comme une vis sans fin. C'est là seulement que le chant de Dave trouve toute l'expressivité nécessaire à l'exercice unplugged.