- Tous
- Chronique d'album
-
Interviews
A lire
- Tous
- Chronique d'album
- Interviews
À l'instar du travail excentré de Holger Czukay, Fantômas ou The Residents, l'Australien James G. Thirlwell, alias Foetus, se moque parfaitement de ce qui est à la mode ou pas. Dès le début des années 80 (période où il émigre une seconde fois de Londres à New York), son oeuvre touffue, cryptique et inclassable, fusionne avec la crème de l'avant-garde. S'ensuit une impressionnante liste d'albums qu'il intitule invariablement de mots de quatre lettres (Hole, Nail, Gash, Blow, etc.) et d'un nombre tout aussi incalculable de pseudos amniotiques (Foetus Inc, Ton Haleine Sent Le Foetus, etc)... ou pas (Manorexia, Dj Otefsu, Clint Ruin). Auteur de Chansons Pour Faire Peur Aux Enfants, il est aussi, vous vous en doutez, l'objet d'un véritable culte de la part d'un public clairsemé mais fidèle, au sein duquel figurent de célèbres fans de la première heure tels que Trent Reznor et Ministry... Thirlwell reprend ici l'idée d'orchestration symphonique (déjà entamée avec le projet Steroid Maximus) de sa très personnelle vision de l'electro-hardcore et de la confession cauchemardesque. Si (Not Adam) donne le ton, la valse échevelée et électronique, Mon Agonie Douce, le tempo. Alladin Reverse, à renfort de breaks pachydermiques de guitares féroces, permet à Foetus d'exposer à nu les failles de son âme ombrageuse. D'une pichenette arabo-andalouse, Miracle glisse vers l'Ensemble de cordes du Caire accompagné des Smashing Pumpkins, Pareidoila vers une electronica savamment arrangée et Thrush sublime la délicieuse langueur de la voix de Jennifer Charles (Elysian Fields)... Après une longue éclipse de cinq ans de Plaie, Clou, Balafre ou encore Coup, Thirlwell, apaisé et cent fois moins négatif, est passé à Love... Un choix judicieux pour célébrer une re-naissance, non ?