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La production est au diapason de cette ambition mesurée : chaque piste empruntée ici se déploie dans une suite d’arrangements brillants et enlevés (cordes, chœurs, cuivres et claviers vintage), sans jamais faire de l’ombre aux propos intimistes de son auteur. Qui regarde moins son nombril que le miroir d’une génération floue, tiraillée entre la peur de grandir et la nécessité de partir. Émergent alors des souvenirs d’enfance où réapparaissent les rapports de classe frustrants (Courchevel), l’hypocrisie familiale (La Famille Kinder) et les secrets toxiques (Pourquoi Êtes-Vous Si Triste ?). Et c’est encore plus remuant quand l’amour entre en jeu. Sur le magnifique L’Eau De Rose, la vie de couple tourne à l’insatisfaction chronique avant de retrouver toute sa puissance attractive sur un refrain en forme d’épiphanie. Sans oublier Roissy, duo vibrant avec Jane Birkin qui tourne au dialogue de sourds. Si La Charette et Narbonne Plage traînent un peu la patte en comparaison, l’instrumental échevelé Hors Piste, en hommage bien senti aux bandes originales de François de Roubaix et Michel Colombier, retrouve toutes ses belles couleurs. Le très épuré Qui Je Suis vient clore ce troisième album doux-amer en questionnant la place qu’on occupe quand on laisse passer le train des conventions sociales : “Pas d’adversaires, de concurrents, de plans de carrière, de liens du sang…” Un vrai outsider on vous dit.
> Écoutez Courchevel en intégralité.
> Regardez le clip de Benjamin.
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