Si un grand nombre d'artistes de musiques électroniques français (Laurent Garnier, I:Cube ou Agoria, pour n'en citer que trois) revendiquent leur influences du côté des origines du mouvement à Détroit, peu d'entre eux ont eu le parcours de Fabrice Lig. De KMS (label de Kevin Saunderson, Mr. Inner City) à 7th City Records, de F Communications avec Soul Designer aux structures allemandes Raygun ou Playhouse, il se place en digne descendance des pères fondateurs de la techno, comme un fil rouge en lien direct avec l'aspect le plus intemporel de ce mouvement. Pour ce nouvel album signé chez les Berlinois de Kanzleramt (Heiko Laux, Alexander Kowalski), Lig est à jamais fidèle à cette marque de fabrique déposée il y a près de vingt ans par Juan Atkins, Mad Mike ou Jeff Mills. Des nappes élégiaques aux envolées de sons acid, sa techno mélodique atteint des sommets de bonheur synthétique avec My 4 Stars, un single parfaitement tubesque interprété par la chanteuse Cléo, que l'on pourrait presque placer dans la lignée de l'un des plus beaux morceaux d'Underground Resistance, l'ultime Don't You Want Itde Davina. On dira forcément et facilement que ce n'est qu'un brillant exercice de style d'un élève studieux, mais son énergie n'est en aucun cas frelatée. Le reste est à l'avenant, aussi réjouissant qu'une bonne vieille cure de jouvence : une techno gorgée de soul que l'on savoure avec une délectation immédiate et une montée de fièvre exponentielles.