En kiosque actuellement Commander

A lire

Encore un peu plus au Nord. C’est en Estonie que l’indispensable label Talitres a déniché le quatuor Ewert And The Two Dragons, dont il publie le deuxième album quelques mois après sa sortie à domicile. Good Man Down est une merveille qui devrait consoler les nostalgiques du premier LP de Noah And The Whale. Une baleine contre deux dragons, personne n’y perdra au change. Au fil de dix chansons éclectiques, les Estoniens déploient leurs talents avec agilité : mélodies fluides, orchestrations discrètement inventives avec percussions et harmonies vocales à la clé. Good Man Down s’ouvre sur une chanson d’amour idéale, à la fois mélancolique et optimiste : batterie et guitare donnent à (In The End) There’s Only Love un allant primesautier tandis que des verres tintinnabulent.

Photobucket

Une formule magique peu ou prou reconduite sur la magnifique Jolene, mais dont le groupe n’abuse pas. Le morceau Good Man Down se nourrit d’une énergie plus folk, de sonorités boisées et de chœurs généreux ; Panda est plus sombre, en sept minutes intenses sur un piano roulant, tandis que la miniature Burning Bush joue sur des arrangements de claviers et vents somptueux. Avant une fin particulièrement sombre et charbonneuse, Ewert And The Two Dragons place un tube pop compatible avec les charts (Road To The Hill) et un chant de marin amoureux, Sailor Man, une ballade qui tangue sur une houle grossissant à mesure que les instruments s’agrègent au courant : “If I was a sailor man/With you I’d search for land/No panic, boundaries, no fear/Hands focused on the wheel I’d steer”. On est du voyage.
Vincent Théval
MAGIC RPM  #159

Les 20 derniers articles ( Chronique d'album )