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At Crystal Palace de Erase Errata

chronique d'album
À l'instar des allumés de Liars, les filles d'Erase Errata ont réanimé le punk funk new-yorkais du début des années 80, avec la bonne idée de lui donner un sacré coup de jeune. Signe d'un retour vers le futur radical, le quatuor compose frénétiquement un nombre incalculable de chansons, sans aucune prise de tête harmonique. La première fois qu'elles se sont réunies dans une cave, ces Californiennes ont découvert les joies de l'improvisation et du bordel électrique, enchaînant l'équivalent d'un album en moins d'une demi-heure. C'est dans cette même urgence que déboule aujourd'hui At Crystal Palace, digne successeur de Other Animal, premier essai de 2001 aujourd'hui réédité. Avec Driving Test en ouverture, il est clair qu'Erase Errata sera toujours recalé au permis de conduire : la guitare klaxonne rageusement, la basse vrombit et se crispe, tandis que la chanteuse trompettiste hurle sèchement dans son mégaphone, embarquant son équipage vers des sens interdits mélodiques qui devraient en faire fuir plus d'un. Malgré un goût prononcé pour la dissonance et le bruit, le groupe parvient à un équilibre précaire, arpentant aussi bien les tranchées creusées par le Confusion Is Sex de Sonic Youth, que les dancings obscurs des anciennes funkettes Bush Tetras. Ce qui reste alors le plus accrocheur dans ce fatras a priori étouffant, c'est bien cette incroyable énergie festive présente dans chacun des titres de At Crystal Palace. Pas encore débarrassé d'éventuels tics lo-fi et no wave, Erase Errata fonce tête baissée vers un succès des plus incertain, mais finira sûrement par devenir une référence incontournable.
Thomas Bartel
MAGIC RPM  #75
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