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Troisième album de la comédienne
sous-employée reconvertie en pétroleuse de la chanson française (si on compte
l’inutile bande originale du film Backstage
d’Emmanuelle Bercot en 2005), Dingue
creuse le sillon de son disque enregistré voilà trois ans avec Ultra Orange,
les gardiens du temple rock’n’roll. Soit une musique qui revisite les sixties et
des paroles qui se portent au chevet de la féminité. Féminité guettée par l’âge
et le doute, quand la marginalité de la star, qui contribuait à son aura,
commence à devenir un fardeau.
Élaboré notamment avec Keren Ann et Doriand, Dingue est, comme on peut s’y attendre, plus acidulé que les travaux de Pierre Emery & Gil Lesage d’Ultra Orange. Ce sont pourtant les morceaux qui s’en rapprochent qui sont les meilleurs : les pétaradants Le Jour Parfait ou Femme Fatale. À troquer le cuir pour la robe Vichy, Emmanuelle Seigner ne gagne pas toujours au change, même si, à chaque chanson, les rimes font mouche, sur un air de facilité ici particulièrement élégant et mutin. Duo avec l’ectoplasmique Iggy Pop, La Dernière Pluie est vraiment rhumatisant. Il est heureusement effacé par celui enregistré avec l’époux Roman Polanski, Qui Êtes-Vous ?, une réussite déjà joliment pernicieuse avant même que les dommages collatéraux ne retardent à plusieurs reprises la sortie de ce disque entièrement chanté en français.
Emmanuelle Seigner a peut-être un modèle en tête : l’inaltérable Brigitte Bardot (Alone In Barcelone). Mais on peut estimer que Doriand et Keren Ann, très sollicitée, ont un peu vite trouvé une formule pour emballer le tout. Et Dieu créa la flemme ? Pas si grave, les deux tiers de Dingue (pourtant déjà bref !) sont excellents. Une star, même marginale, doit entretenir le désir, non le satisfaire.
Élaboré notamment avec Keren Ann et Doriand, Dingue est, comme on peut s’y attendre, plus acidulé que les travaux de Pierre Emery & Gil Lesage d’Ultra Orange. Ce sont pourtant les morceaux qui s’en rapprochent qui sont les meilleurs : les pétaradants Le Jour Parfait ou Femme Fatale. À troquer le cuir pour la robe Vichy, Emmanuelle Seigner ne gagne pas toujours au change, même si, à chaque chanson, les rimes font mouche, sur un air de facilité ici particulièrement élégant et mutin. Duo avec l’ectoplasmique Iggy Pop, La Dernière Pluie est vraiment rhumatisant. Il est heureusement effacé par celui enregistré avec l’époux Roman Polanski, Qui Êtes-Vous ?, une réussite déjà joliment pernicieuse avant même que les dommages collatéraux ne retardent à plusieurs reprises la sortie de ce disque entièrement chanté en français.
Emmanuelle Seigner a peut-être un modèle en tête : l’inaltérable Brigitte Bardot (Alone In Barcelone). Mais on peut estimer que Doriand et Keren Ann, très sollicitée, ont un peu vite trouvé une formule pour emballer le tout. Et Dieu créa la flemme ? Pas si grave, les deux tiers de Dingue (pourtant déjà bref !) sont excellents. Une star, même marginale, doit entretenir le désir, non le satisfaire.