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Travail de commande pour le film La Délicatesse (2011) de Stéphane et David Foenkinos – une femme perd son mari accidentellement puis renaît à l’amour, pour le pitch –, et hommage personnel à François Chevalier (Franky Knight en anglais), son compagnon et producteur brutalement disparu en 2009. Franky Knight est le deuxième album-concept d’Émilie Simon après l’époustouflant Végétal (2006). Entre-temps était venu le décevant et trop américain The Big Machine (2009), où la Montpelliéraine semblait vouloir écrire la bande-son d’une comédie de Broadway, se prenant les pieds dans les robes en strass. Franky Knight porte la marque de ces deux expériences, pour le meilleur et le moins bon.

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I Call It Love sonne comme une banale ballade vintage à la Platters, Bel Amour a la délicatesse sensible de ses meilleurs morceaux, menée au piano, magnifiée par des cors français et de l’électronique maîtrisée. Exceptions à la tonalité élégiaque du disque, Franky’s Princess est un vif titre electro disco, Walking With You une petite féerie pleine de chœurs et de xylophones qui rappelle Kate Bush. Les textes, tous basés sur la permanence de l’amour malgré la fatale séparation, ne sont pas mémorables, mais il y a là toute la sincérité qui manquait à son prédécesseur. Possédant l’instinct pop et la science musicale, Émilie Simon a peut-être en elle d’autres chefs-d’œuvre – Végétal en était un. On sera patient pour attendre le suivant.
Philippe Richard
MAGIC RPM  #159

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