En kiosque actuellement Commander

A lire

On avait récemment découvert Einkaufen par le biais de quelques morceaux qui laissaient présager d'une rencontre entre Les Calamités et The Jesus And Mary Chain, période Automatic (1989). C'est vrai, les douces voix des Alsaciennes évoquent celles des regrettées Bourguignonnes. Vrai aussi que les guitares bruitistes peuvent renvoyer aux ténébreux frères Reid. Hélas, manquent les airs enjoués des premières et les salissures larsenées des seconds pour que la noce soit tout à fait célébrée. Mais Einkaufen possède, déjà, une véritable identité qui réside dans sa dualité : la féminité portée en étendard et un patronyme qui signifie “shopping”, des chansons en français et en allemand, des intitulés chiffrés et des mots en double-sens, le charme candide allié à des textes un brin crus (Comme tu fais ton lit/Tu me plies au carré/Rien que pour ça je loue l'armée/Attendre des heures ton retour de perm’/Pour avoir ma douche de sperme”, in IX ).

Photobucket

Sur scène, les jeunes femmes relèguent parfois le bassiste et seul homme du trio hors-champ, à côté du régisseur. Ce féminisme affirmé ferait presque oublier que l'homme en question est un habitué de l'ombre. Rémy Bux, c'est son nom, est l'ex-leader de KG (soldat trop inconnu des labels Antimatière et Gooom Disques) et cofondateur de Sun Plexus (sorte d'Einstürzende Neubauten mulhousien). Surprenant de retrouver cet habitué des bruits dans un projet très pop qui, certes, ne tient pas toutes ses promesses. La faute, sans doute, à ce chant finalement moins éthérée que monotone, à ces mélodies un peu interchangeables. N'empêche, les intentions (louables) sont bien là. Et en mettant un peu de sang et d'acier dans ces compositions trop bien rangées, Einkaufen pourrait bien faire sauter la banque.
Thibaut Allemand
MAGIC RPM  #158

Les 20 derniers articles ( Chronique d'album )