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S’enthousiasmer pour Eels a été difficile ces dernières années. Non que la carrière de Mark Everett subissait de lourds revers, mais chacun de ses disques commençait invariablement à ressembler à un chapelet de promesses déçues. Fort d’une triplette magique signée en quelques petites années – Beautiful Freak (1996), Electro-Shock Blues (1998) et Daisy Of The Galaxies (2000) –, le Californien s’est ensuite cherché, se lançant un temps dans le rock balourd. Puis il est devenu barbu, a brouillé les pistes, pour enfin revenir récemment à une finesse d’écriture plus en adéquation avec son talent. Pourtant, aucun de ces derniers albums n’a pu remettre la main sur la flamme mélancolique qui ornait ses premières œuvres. L’intention y était, mais il manquait toujours cette douceur amère qui avait fait de lui l’un des plus attachants songwriters de la fin des années 90. Paru en début d’année, End Times plombait le constat, plus sombre que jamais et ne prenant même plus la peine de masquer son désespoir de son ironie mordante. Glaçant. Ce nouvel LP, outre sa parution très rapide, est une divine surprise et fait figure de renaissance. On ne sait par quel miracle l’Américain a pu retrouver en si peu de temps une telle envie d’avancer, mais le constat est là. Tomorrow Morning est un disque primesautier et printanier, qui bidouille de nouveau de l’électronique (This Is Where It Gets Good), accueille enfin une ballade digne de Randy Newman (I’m Hummmingbird) et, plus important que tout, voit Mark Everett signer sa plus belle collection de compositions depuis des lustres.