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Natif de Los Angeles, rien ne prédestinait Dustin O'Halloran à devenir le créateur de musiques douces qu'il est aujourd'hui. Seulement voilà, à l'âge charnière de sept ans, plutôt que de succomber aux attraits du skateboard ou des jeux vidéo (la norme à cette époque), il eut comme un coup de foudre pour le piano du salon familial, qu'il ne quitta plus. Auteur de pop atmosphérique avec Sara Lov sous le patronyme des Devics et de deux albums solo, ce quadragénaire aux allures de Grand Meaulnes et à l'âme vagabonde – il partage sa vie entre la Californie, l'Italie et l'Allemagne – interpella la mélomane Sofia Coppola, à qui il livra trois pièces pour l'éclectique bande-son de Marie-Antoinette (2006). Parfaitement à sa place au sein de la division “patte de velours” et néo-classique des Disques Du Gros Chat, et exécuté avec le concours du désormais réputé ACME String Quartet (Owen Pallett, Grizzly Bear, Max Richter, etc.),



Lumiere est, à ce jour, son opus le plus ambitieux. Aux antipodes du registre symphonique, il est ici plus question d'envol et d'apesanteur que d’ampleur orchestrale. On retrouve dans ces très belles et sereines quarante-cinq minutes tout ce qui caractérise le style de l'autodidacte : la timidité, la mélancolie, la tendresse, les doses homéopathiques d'électronique et l'infinie modestie avec laquelle il juxtapose l'aspect pensif des Nocturnes (1831-1838) de Frédéric Chopin à la grâce aérienne des arrangements de cordes de Philip Glass. Un disque idéal pour disperser les effets nocifs d'une journée harassante, ou à déguster au réveil, à l'heure où l'on aspire à revenir le plus doucement possible à une réalité, qui se matérialise par enchantement, quand les premiers rayons du soleil traversent les rideaux et éclaboussent le centre du salon d'une réconfortante flaque de Lumiere. Un terme anglo-saxon résume parfaitement l'affaire : bliss !
Marc Gourdon
MAGIC RPM  #150

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