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“You thought you made it great/But what you made will start to fade/We threw it in the fire/ It's better than it not be made”, glapit le chanteur-guitariste Vincent Neff sur Default. Pour un groupe qui a mis des années à produire son premier LP, il s'agit d'une profession de foi : tâtonner pour mieux réussir, tout jeter si la perfection n'est pas atteinte. En 2009, Django Django affolait la petite bulle de la pop moderne grâce au single conquérant Storm (qui apparaissait sur la compilation célébrée Sisters) et à une poignée de morceaux encore meilleurs – l'intriguant Love's Dart et le furieux Wor – avant de disparaître pour deux années entières. Faut-il râler sur notre époque tout en excitations médiatiques qui portent aux nues des groupes mal préparés ou louer le perfectionnisme de la bande irlando-écossaise, toujours est-il que l'attente n'aura pas été vaine.

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Les trois larrons qui ressurgissent sans crier gare ont façonné un disque comme peu le réussissent : intelligent, maîtrisé, esthétiquement très fort. On y retrouve, développé, ce qui séduisait dans des titres comme Love's Dart ou Storm : une certaine excentricité dans la pose, des ambitions étrangement imposantes et modestes à la fois, un équilibre délicieux entre acoustique et électricité. On y découvre en plus une énergie folle et variée, qui lorgne à la fois vers un post-punk tendu et loufoque à la Devo ou Talking Heads (Default) et vers la pop arty de The Beta Band (Hand Of Man). Plus surprenant, le trio n'a pas peur d'introduire des tonalités plus déstabilisantes : rockabilly endiablé (Wor, Life's Beach), sonorités orientales (Skies Over Cairo, Life's Beach encore) qui leur confèrent des accents de Rainbow Arabia acoustique, ou synthétiseurs rétrofuturistes et ondulants (Waveforms, Zumm Zumm). En somme, largement de quoi promettre un avenir brillant, mais faudra-t-il attendre encore cinq ans ?
Victor Thimonier
MAGIC RPM  #159

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