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Il faut vraiment avoir les oreilles bouchées pour ne pas reconnaître la classe supérieure de Dj Mehdi. Depuis ses débuts solo avec le très beau (The Story Of) Espion (2002), le franco-tunisien fait partie des rares valeurs sûres de l'electro et du hip hop internationaux, ce qui lui vaut de posséder un carnet d'adresses en or massif. D'un goût versatile mais sûr, fort d'une signature sonore aisément identifiable, Mehdi se faufile ainsi entre grosses productions (on parle beaucoup de lui pour le prochain méfait de Madonna) et virées plus confidentielles, sans jamais compromettre sa personnalité exemplaires. La compilation de remixes Red Black & Blue dresse un portrait de l'artiste en équilibriste, inoculant sur le fil ses découvertes personnelles à des corps étrangers disparates (de Cassius à Architecture In Helsinki). Mixé avec soin pour s'avaler d'une traite, ce disque rappelle toutefois combien il est illusoire de vouloir changer l'eau de vaisselle en nectar olympien. Rien à tirer, donc, de l'electroclash de Steed Lord (Dirty Mutha), du funk caricatural de Sam Sparro (21st Century) ou du disco club de Staygold (Justify) et d’Holy Ghost! (I Will Come Back) : ces navets peuvent retourner dans leur trou d'Ibiza. On préférera crâner pour rire avec le camarade Busy P (To Protect And Entertain), prendre un bain moussant avec le grand Joakim (Oleg Dans Les Bois), se souvenir d’une vieillerie métamorphosée de Sébastien Tellier (Oh Malheur Chez O'Malley) ou même avaler le tube malin de Santigold (Lights Out), en attendant que Dj Mehdi ne revienne seul dépasser tous ses copains.