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Mais This Silence Kills marque les débuts sur long format. Inspiré de la poésie de son quotidien à Berlin, entre l'architecture des stations de métro, des histoires de brosse à dents délaissées, un jeune homme répondant au nom d'Alexander, ou ses jambes qui se transforment en spaghetti lorsqu'elle a des sentiments, Dillon trace une cartographie émotionnelle d'une jeune fille de vingt-trois ans dans une grande ville. Sans artifice et avec simplicité. On y trouve des instruments (guitare, flûte, harpe, quelques discrètes cordes), presque pas de rythmique – excepté sur le dernier titre, Abrupt Clarity, seule incursion de boîte à rythme de tout l'album, un comble pour Bpitch Control, label au tracé totalement électronique – et sa voix, entre éclaircie et grisaille. Epaulée à la production par Thies Mynther (Phantom/Ghost) et Tamer Fahri Özgönenc (membre du groupe post-krautrock MIT), elle s'est isolée avec eux dans un studio dans une autre ville inspirante allemande, Hambourg, où ils ont travaillé tout l'hiver dernier, tentant de ne pas perdre le fil de l'état brut de ses compositions. Un périple difficile mais réussi, car Dillon touche à vif, avec cœur et grâce.
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