Le moins que l'on puisse dire du dénommé Benjamin Gibbard, âgé de seulement vingt-trois ans (!), c'est qu'il est d'une prolixité exemplaire. À la tête du quatuor Death Cab For Cutie depuis 1998, il a ainsi déjà signé trois albums, sorti pléthore de singles et une compilation d'inédits et de faces B (You Can Play These Songs With Chords). Il a même trouvé le temps de monter deux projets parallèles, All-Time Quaterback et, l'an dernier, The Postal Service, un tandem responsable d'un chouette disque aux saveurs electro pop 80's.Visiblement, chez ce jeune homme, quantité rime on ne peut plus avec qualité. En témoigne ce quatrième Lp, Transatlanticism, une oeuvre exquise qui a déjà gagné sa place (en aller simple, classe affaire) dans le panthéon de la pop indépendante sauce américaine. Car ce groupe par trop méconnu (pour le moment, on croise les doigts) fait montre d'une facilité palpitante à l'heure de composer des mélodies d'une évidence lumineuse, toujours portée par cette voix délicieusement langoureuse. À l'instar de The New Year, placée en ouverture, histoire sans doute de situer immédiatement la hauteur des débats. De moments d'intimités que l'on crève de faire partager (Title And Registration et son carillon taquin, Tiny Vessels et Passenger Seat, toutes deux habillées par un piano mélancolique) en hymnes désabusés (The Sound Of Settling, We Looked Like Giants), ce Death Cab For Cutie, à l'arrière duquel on trouve des traces de Codeine ou des odeurs de Bedhead, gagne à être réservé. Quel que soit le jour, quelle que soit l'heure. On prendra même un malin plaisir à laisser tourner le compteur.