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Faisant fi des rendez-vous manqués, l'écriture classique de Death Cab For Cutie aborde nos platines avec un retard certain. Aux États-Unis, les quatre albums précédents de ces natifs de Seattle ont fait d'eux des vedettes des radios, mais également du petit écran, où leurs morceaux illus-trent plusieurs séries prestigieuses telles que Six Feet Under. Cette notoriété érigée étape après étape trouve un digne accomplissement avec la sortie du majestueux suc-cesseur au remarquable Transatlanticism (2003), qui portait déjà en germe de belles intonations pop. Le public américain ne s'y est pas trompé, en hissant Plans au som-met des ventes l'an passé. Tout le contraire d'ici où le groupe de Ben Gibbard demeure un secret trop bien gardé pour les orphelins d'Elliott Smith. Qui mieux que Gibbard parvient aujourd'hui à nous filer le bourdon de façon aussi désinvolte ? L'homme met toute son âme dans ce songwriting de haut vol, qui toise la concur-rence avec humanité et modestie (les imparables Soul Meets Body et Crooked Teeth). En droite lignée de sa récréation avec The Postal Service, de rêveuses digressions électroniques parsèment les mélodies accroche-coeurs tissées par Christopher Walla et chantées d'une voix bouleversante. Le slowcore renfrogné des débuts s'est mué en une pop chaleureuse. Ainsi, Different Names ForThe Same Thing et son introduction dépouillée au piano n'en finit pas de s'élever très haut dans le ciel. À une altitude que peu de contemporains peuvent atteindre.
ALEXANDRE COGNARD
MAGIC RPM  #99
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