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On a vraiment l’impression de s’être fait emberlificoter, d’avoir été abusé dans notre enthousiasme, d’avoir accordé plus de crédit qu’il n’en fallait à Narrow Stairs (2008), le précédent album de la bande à Ben Gibbard. Porté par l’époustouflant single I Will Possess Your Heart, ce disque nous avait fait de l’effet, en dépit de la condescendance amusée, voire de la distance qu’on avait toujours su mettre entre ce groupe et notre raison. C’est dire si la déception est de mise pour ce septième LP qui commence de manière particulièrement calamiteuse avec Home Is A Fire, changeant de direction mais sans rien chercher d’autre, avant de se fixer sur un improbable rythme drum’n’bass. On sent alors tous les complexes que les Américains peuvent avoir envers Radiohead, et franchement, ça fait de la peine.
Death Cab for Cutie - Underneath The Sycamore
Some Boys sert une bonne introduction à la basse et puis… plus rien, ou presque. Il faudra attendre la quatrième plage, Doors Unlocked And Open, pour retrouver un peu de brillance, avec son beat buté à la Neu! et ses entrelacs de guitares sournois soutenus par une basse très Joy Division, un régal. Deux autres chansons gentiment pop (Monday Morninger et surtout Underneath The Sycamore) auront au moins le mérite de ne pas trop descendre en dessous des standards précédemment établis. Au final, Codes And Keys, qui ne mettra pas à mal la fidélité des fans de Death Cab For Cutie, déçoit largement et se contente souvent de nous faire bâiller. N’est pas Wilco qui veut.
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