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Longtemps artiste de la solitude, du disque de peu (une voix, trois accords, des bières et Jésus) – on se souvient du fantomatique et très beau Ghost Of David (2000) –, Damien Jurado est également fascinant lorsqu’il cède à autrui, qu’il lui laisse un peu de place. Sa nouvelle collaboration avec Richard Swift – un autre pensionnaire de Secretly Canadian, auteur d’un sacré chef-d’œuvre, le duo d’albums Walking Without Effort et The Novelist (tous deux de 2005) – est donc une excellente nouvelle. Ensemble, ils avaient déjà croisé le fer sur l’accompli Saint Bartlett (2010). Pour cette nouvelle étape, tout vole en éclat, mais dans le bon sens.

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À vrai dire, Damien Jurado a toujours été surprenant. Il n’y avait qu’à voir notre étonnement à l’écoute de son fantastique disque de rock abrasif I Break Chairs (2002). Sur Maraqopa, c’est le traitement de la voix qui commence par nous étonner. Une voix, hors du temps, avec de l’écho, qui se fond à merveille dans ces nouvelles chansons, des chansons qui sont des métamorphoses : Phil Spector rabote la bossa de João Gilberto (la stupéfiante This Time Next Year), les ahuris charmants de Bread qui font la noce avec Roy Orbison (Museum Of Flight). Richard Swift et Damien Jurado ont étoffé les effets, les styles, élaborant une sorte de baroque inouïe de la musique américaine. Nothing Is The News nous prévient dès le départ du disque, il y aura des tempêtes, des accalmies, de l’enfance et des guitares limpides ou crasseuses. Une odyssée particulièrement saisissante.
Lyonel Sasso
MAGIC RPM  #159

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