En kiosque actuellement Commander

A lire

Le Sylphide De Brighton de Crane Angels

chronique d'album
Voilà donc l’album qui vient clore en beauté une année riche pour la scène pop bordelaise (et assimilée). Que celui-ci soit un exercice profondément collectif qui engage une proportion non négligeable des acteurs de ladite scène ne gâche rien, d’autant que deux de nos chouchous sont de la partie : Vincent Bestaven (Botibol) et Pierre Loustaunau (Petit Fantôme, Fránçois And The Atlas Mountains). Ce sont donc treize garçons et filles qui s’agitent sous le patronyme Crane Angels, donnent de la voix en chœurs avec une énergie juvénile réjouissante, de la bonne humeur et des mélodies en pagaille. Et de la pagaille, aussi, tout simplement. Malgré l’absence de toges blanches, on pense forcément aux zinzins américains de The Polyphonic Spree en entendant les Bordelais s’époumoner de concert.

Photobucket

Mais leurs mélodies sont portées par une autre énergie, quelque chose d’un peu plus brut et dépenaillé, à base d’un concentré dense de guitares, basse et batterie. À l’occasion, ça cogne volontiers (Attila affiche la couleur : “I don’t need no gun/To destroy everyone around”). Souvent, le collectif privilégie des atmosphères un peu inquiétantes et tendues (The World) ou les formes lourdes et pleines de montagnes russes infernales (Morning Sun). Mais les Crane Angels sont aussi très convaincants quand ils explorent le côté lumineux de la force, avec le largage d’une bombinette pop délurée qui atteint sa cible en causant des ravages considérables (In The Snow et son hystérie bon enfant) ou une merveille dont les serpentins de guitare en introduction évoquent volontiers Felt (5 Years). Un peu sauvage et insaisissable, Le Sylphide De Brighton a un charme bizarrement gracieux. Et très attachant.
Vincent Théval
MAGIC RPM  #157

Les 20 derniers articles ( Chronique d'album )