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Sing In My Meadow de Cowboy Junkies

chronique d'album
Le projet initial est louable. Pour mieux lutter contre le poids des ans et de la routine, les Canadiens se sont fixés en 2010 un objectif ambitieux et contraignant : célébrer leur premier quart de siècle d’existence en enregistrant coup sur coup quatre albums en moins de deux ans. Troisième volume de ces Nomad Series, Sing In My Meadow se caractérise indéniablement par son souci permanent de rupture radicale avec tous les éléments qui ont permis d’asseoir la réputation du groupe. Fini le temps de la délicatesse et de la subtilité, des vocalises suaves et des ballades feutrées.

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Sur une toile de fond carrément grunge, les guitares saturées occupent l’essentiel de l’espace sonore. En revanche, il n’est pas certain que ce décor ultrabruitiste rende bien justice à l’immense talent de Margo Timmins. Foudroyée par ces orages électriques, la chanteuse peine trop souvent à se faire entendre. Alors que ses frangins se prennent pour The Black Keys et se lancent dans d’interminables improvisations blues rock, elle se voit contrainte de booster son fragile organe à coup d’écho incongru quand elle n’est pas purement et simplement condamnée au silence. Au milieu de ce magma, seule surnage Late Night Radio, trop brève escapade du côté de la finesse country hors de ce monde de brutes épaisses. Pour tout dire, on aimerait bien réentendre davantage de cowboys et un peu moins de junkies.
Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #158

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