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Évoquant physiquement le Orpheo Negro de Marcel Camus chanté par Sergio Mendes en 1965, l'Anglais Count Indigo, l'Homme Fatale de la galaxie Tricatel, sort ces jours-ci le disque de soul électronique que chacun attendait de lui depuis ses premiers pas remarqués sur scène aux côtés de A.S Dragon et en version single sous sa propre identité (My Unknown Love, Her Other Man). Ou presque. Manifestement plus à son aise sur des formats courts, le crooner à moustaches diabolique semble en effet se perdre quelque peu sur la longueur d'un album. Il y a bien sûr de très bonnes choses sur Homme Fatale, à commencer par un funky Trinity (Bringing Out The Devil) d'excellente facture, mais l'ensemble peine parfois à décoller. Écartelé entre la chaleur du Bowie soul de Young Americans l'inspiré What Makes You So Special? et les ambiances plus réfrigérantes de Human League, Count Indigo fait son Bryan Ferry ou son Scott Walker sans jamais se départir du costume, il est vrai fort seyant, de fan révérencieux. Ainsi, dès les premières notes de Loving It Back Again, le géant chauve commence à s'essouffler et à perdre toute forme d'originalité. Ressemblant à s'y méprendre à un morceau de Jay-Jay Johanson à ses débuts, Sly Comfort redresse un cap que les pesants Homme Fatale (à des années-lumière de la Femme Fatale jadis dépeinte par Lou Reed), If I Could You Give Anything et Exclusively Yours s'acharnent par la suite à perdre. Il convient cependant de souligner que, comme toute production Tricatel qui se respecte, ce disque d'easy funk est servi par une production impeccable qui ravira les oreilles exigeantes des habitués de la maison Burgalat.
Renaud Paulik
MAGIC RPM  #76
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