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Rocket In The Pocket de Console

chronique d'album
L'année dernière, on avait déjà eu l'occasion de s'enflammer pour le quatrième album de The Notwist, Shrink, une petite merveille de pop intelligente mélangeant noise, jazz et électronique. Comment un groupe jusqu'à présent connu pour son rock noisy avait-il pu se transformer à ce point ? La réponse tient en une arrivée, celle de Martin Grestchmann, et une déclaration de Markus, le chanteur de The Notwist, dans ce même journal : "Nous pensions que Martin pouvait amener de nouvelles idées dans les compositions et donner une nouvelle impulsion au groupe. Nous sommes fans de ce qu'il fait en solo sous le nom de Console". On comprend aujourd'hui un peu mieux ce qu'il voulait dire. Rocket In The Pocket est tout simplement extraordinaire. Imaginez un Aphex Twin pop, réellement pop. Ce qui donne, bien évidemment, des sons distordus dans tous les sens, à base de synthétiseurs analogiques antédiluviens, Gulls Galore, Pigeon Party, sur fond de rythmiques concassées, My Dog Eats Beats, Dolphin Dos, mais tout en restant très mélodieux et en s'inscrivant dans un format classique de chanson. Oh, bien sûr, Martin Grestchmann truffe ses morceaux de brisures anachroniques, mais sans jamais verser dans l'expérimental gratuit, sans jamais faire l'intéressant. Parfois, un chant malingre, 14 Zero Zero, ou le son d'une vraie batterie, en intro du génial Rocket In The Pocket, vient humaniser cette musique certes virtuelle mais jamais sans âme. À l'heure où Warp vient de fêter dignement ses dix ans avec trois compilations, Console réussit la prouesse de rassembler une décennie d'"intelligent techno" en cinquante minutes magistrales.
Philippe Jugé
MAGIC RPM  #35
article extrait de :
MAGIC RPM #35 Commander ce numéro

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