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Howl Of The Lonely Crowd de Comet Gain

chronique d'album
On a rarement autant causé de l’excellente maison Fortuna Pop! que ces derniers mois : de The Pains Of Being Pure At Heart à Herman Dune, sans oublier Allo Darlin’, la structure sise à Brixton est présente sur tous les fronts de la pop indépendante. C’est donc justice que Comet Gain retrouve la structure éditrice de Tigertown Pictures (1998). De justice, il a rarement été question dans le parcours de Comet Gain, toujours cantonné à l’ombre en dépit de chouettes albums. En fait de carrière, on parlerait plutôt d’un petit bonhomme de chemin suivi par David Fech, Rachel Evans et leurs complices. Confidentiels, certes, mais reconnus par leurs aînés comme par la jeune garde, les Ecossais bénéficient ici d’un coup de main à la production d’Edwyn Collins et de Ryan Jarman (The Cribs). Howl Of The Lonely Crowd ne faillit pas à la règle et balaie la palette amoureuse de ses auteurs : Northern soul façon Dexys ou Spearmint (An Arcade From The Warm Rain That Falls), évidence pop 60’s (The Weekend Dreams, pas loin des oubliés Johnny Boy) déflagrations électriques (Working Circle Explosive!), ou ballades romantiques (She Had Daydreams, ou la conclusive In A Lonely Place – rien à voir avec New Order).

The Weekend Dreams


Mieux, Comet Gain s’amuse avec son propre répertoire en réarrangeant Herbet Huncke Part 1, 45 tours paru en 2008 et hommage au poète beat qui initia William Burroughs aux joies de la dope. Si la version originale jouait la carte du mimétisme velvetien,  cette relecture, nommée tout bêtement Herbet Huncke Part 2, imagine les Rolling Stones à la Factory. Mais surtout, flotte sur cette œuvre une teinte… Pastels. Car si Comet Gain ne bénéficie pas de la même aura que le groupe du plus célèbre disquaire de Glasgow, on retrouve cette communauté d’esprit et de pratiques, cette même passion sans faille pour la chose indie pop. Aussi varié soit-il, l’ensemble reste très cohérent, exécuté avec une ferveur qui élève l’approximation au rang d’art majeur. Le genre de disque qui ne changera pas le cours de l’histoire. Mais transpirant l’humanité par tous les pores, il nous fait oublier, le temps de trois quarts d’heure, nombre de chefs-d’œuvre officiels.

Working Circle Explosive
Thibaut Allemand
MAGIC RPM  #154

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