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Même amour fou pour la symphonie déconstruite, mêmes hallucinations mélodiques, même mise en son insensée qu’une simple écoute au iPod ne saurait honorer, même tantrisme psychédélique où les préliminaires s’éteignent sans la jouissance avant qu’un shoot orgasmique ne foudroie la frustration, même capacité à culbuter le Sgt. Pepper’s (1967), mêmes orchestrations mirifiques qui naviguent tels des bateaux ivres, mêmes stances de distorsion, mêmes étincelles débranchées d’une beauté virginale… Signal Morning ne laisse pas de répit sur ces dix-sept morceaux auxquels on accole l’exposant mille pour obtenir à peu près le nombre de tremblements musicaux qui secouent la partition. Les soumis de longue date sont désarçonnés avec une joie vicieuse, quand les rétifs au vertige s’arriment aux balises reines qui parsèment toujours les disques du grand Will.
Comme A Peculiar Noise Called “Train Director” sur Black Foliage de TOTC, ici, ce sont Overjoyed, Round Again (avec Jeff Mangum de Neutral Milk Hotel en guest-star) et Signal Morning qui figurent les pièces maîtresses de ce puzzle bariolé. Trois Éverest de pop tournée en bourrique qui surplombent une ribambelle de minis zéniths tordus, et autres happenings inventifs, comme autant d’actes et de scénettes propres à articuler ce théâtre surréaliste qui devrait scier sur place tous les apprentis de chez nous, des Chicros à The Bewitched Hands On The Top Of Our Heads. En espérant qu’il ne faille pas poireauter huit ans avant d’entendre résonner à nouveau ce bordel de tous les diables.
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