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Totems Flare de Clark

chronique d'album
Sans nouvelles de LFO et en attendant l’arlésienne Aphex Twin, l’un des seuls dignes représentants de la veine electronica des débuts du fantastique label de Sheffield, qui fête cette année ses vingt ans, c’est Clark. Or, on sait depuis ses débuts en 2001, d’abord sous le nom de Chris Clark, puis avec Body Riddle (2006) et Turning Dragon (2008) simplement signés Clark, que l’on a affaire à un artiste compulsivement créatif, complexe et brillant. Si ses albums précédents étaient tour à tour psychotiques, neurasthéniques ou hystériques, on laissera cette fois les qualificatifs psychanalytiques de côté pour décrire son nouveau disque, Totems Flare. Pour l’occasion, il ne quitte pas son laboratoire de recherche, mais il affine, civilise, et épanouit sa musique, bien moins obscure et renfermée sur elle-même qu’avant.

Ce troisième volet de ce qu’il décrit lui-même comme une trilogie comprend même quelques envolées tout à fait civilisées, au fantastiques effluves de rave moderne, où il ose parfois même y ajouter des paroles, comme sur le puissamment mélancolique Growls Garden, ou sur la comptine mitraillette Rainbow Voodoo. L’hommage à LFO (Look Into The Heart Now) nous détendrait presque, mais il faut évidemment se méfier de Clark, puisqu’il emmène son auditeur dans un environnement électronique où tous les dérapages sont permis. Des dérapages rythmiques, par exemple : en milieu d’album, il accélère le tempo d’une manière presque inhumaine et totalement sauvage sur Totem Crackerjack, puis nous perd dans un couloir quasi ambient à la fin du titre, avant de rebondir sur le thème mélodique. Et à ce stade, on se dit que personne ne fait plus de musique électronique avec autant d’idées et d’inspiration que Clark.
Thomas Schwoerer
MAGIC RPM  #134

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