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Gonzo effleure les touches d’ivoire comme à l’époque de Solo Piano (2004), et Ridha rythme le tout d’une house fine, sensuelle et discrètement moroderienne. Le premier déplacement, Knight Moves, est une plongée en apnée entre notes cristallines et rythmes synthétiques. Presque totalement instrumentale, Ivory Tower laisse la part belle aux trouvailles de l’Allemand (effets de souffle, basses profondes ou funky, enveloppes de rythmes) et aux mélodies contagieuses du Canadien. Qui ne peut s’empêcher d’injecter un peu d’humour lors de ses rares performances vocales (le texte farfelu de I Am Europe, le hip hop de The Grudge, son refrain façon Broadway) et se paie une tranche de mélodie bien cheesy (You Can Dance). Ailleurs, le duo se souvient des action movies 80’s stéroïdés (Smothered Mate, collision entre le space rock, des cordes délicates, la puissance de Boys Noize et les facéties de Gonzales), s’enivre de ritournelles de clavecin (Rococo Chanel), présente Michael Nyman à Daft Punk (Never Stop) et inonde le tout de mélancolie lors des deux sommets de l’album, la fabuleuse Bittersuite (rencontre au sommet entre John Carpenter, Chateau Marmont et Riz Ortolani) et la bouleversante Final Fantasy. En dix coups seulement, cette partie de haut vol offre l’occasion de redécouvrir Boys Noize, tellement plus intéressant dans ce turbin qu’aux turbines, et permet de renouer (s’il le fallait) le contact avec l’électron libre de Montréal. Echec it out!
> Visionnez les extraits Bittersuite et I Am Europe.
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