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Keep Your Dreams de Canyons

chronique d'album
À l’instar de la légendaire compilation Balearic Beats Vol. 1 (1988), qui brassait large les sonorités des dancefloors d’Ibiza, Canyons délivre un premier album totalement éclectique. Aux lignes de fuite trop bien dessinées de genres établis, Leo Thomson et Ryan Grieve préfèrent les chemins de traverse, qu’ils parcourent sur ce disque disparate et intrigant. Entre grand n’importe quoi (Under A Blue Sky et ses parties chantées en français) et fulgurance pop (My Rescue, comme une jolie tranche de psychédélisme à la Flaming Lips), le duo australien ne choisit guère. Entre house au ralenti, en droite lignée du récent Azari & III (See Blind Through avec Ramona Gonzalez, alias Nite Jewel, aux chœurs) et psychédélisme sixties (Sun And Moon aux incantations typiques des premiers pas de MGMT), Canyons déballe ses obsessions au grand jour.

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Malgré cette originale versatilité, Keep Your Dreams résonne de l’identité particulière d’un groupe inventif. Qui sait s’entourer des membres de Tame Impala ou de Pond, mais aussi du chanteur de Sniff’N’The Tears et de The Embassy pour un titre empreint de la désuétude romantique habituelle des Suédois (When I See You Again). Capable des plus grands écarts, de l’ondoyante house instrumentale de Blue Snakes (compilée par Cosmo Vitelli sur Moments Of Crisis dès 2009) au folk FM à la Fleetwood Mac de Tonight, le tandem refuse d’être enfermé dans une case et ne recule devant aucun sacrifice (ces omniprésents soli de saxophone). Grandiloquent mais accompli, ce capharnaüm épique énerve autant qu’il séduit.
Alexandre Cognard
MAGIC RPM  #158

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