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Si Mike Leigh avait choisi de situer son Nakedapocalyptique à New York, c’est à Cannibal Ox qu’il aurait pu commander la bande originale adéquate. Apocalyptique, certes, mais aussi rigoureusement avant-gardiste, l’approche du groupe phare du nouveau label Def Jux étonne et détonne. Leur minimalisme futuriste s’arme de bruitages discrets venus directement de la science-fiction et de sons abstraits un rien japonisants qui évoquent l’œuvre d’un Dj Krush. Si le jeu des samples et l’élégance plutôt dépouillée du son ne sont pas sans rappeler également les premiers maxis de Tommy Hools, Cannibal Ox se dotent aussi de voix tranchantes et glaciales qui complètent l’ambiance Blade Runner de l’ensemble.

Car entrer dans cette veine froide bien nommée, c’est entrer dans un univers parallèle, un monde congelé aux dimensions orwelliennes. Dans cette immense et magnifique structure de métal glacé, on remarquera la présence de deux morceaux encore plus exceptionnels, les entêtants Iron Galaxy et Straight Off The D.I.C, petits frères du Stem/Long Stem de Dj Shadow qui risquent fort de dépasser le travail du maître. Un album congelé, donc, mais sans être indigeste pour autant. Du hip hop rafraîchissant qui servira pour apaiser les oreilles en manque de finesse depuis le début de l’été, mais qui risque également de squatter les platines pendant longtemps.
Nathalie Fraser
MAGIC RPM  #54
article extrait de :
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