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Depuis 1998, l'imprévisible et inclassable quatuor Califone
poursuit tranquillement son chemin élastique, en marge de toute chapelle
musicale. Comme la plupart des collègues chicagoans apparus à la même période,
le groupe s'est le plus souvent trouvé à l'origine des choses qu'à leur suite –
la scène bricoleuse qui fait aujourd'hui les beaux jours de Brooklyn lui doit
beaucoup… Habitués à la pénombre du succès d'estime et de toute façon peu
enclins à faire commerce de leurs tronches, ces quatre multi-instrumentistes
discrets et aventureux s'éclipseront donc derrière un moyen-métrage fait maison
pour présenter sur scène leur sixième album en date,All My Friends Are Funeral Singers. Les perfectionnistes qu'ils
sont pourront ainsi se focaliser sur la seule chose qui importe à leurs yeux :
la musique.
Puisant à sa source même (les chansons d'esclaves, le blues, le folk et le songwriting des années 50), tout en y injectant de pertinentes doses d'électronique, ils empruntent comme de coutume, un tas de voies souterraines, corridors et passages secrets afin de d'élaborer un travail de composition bien plus alambiqué qu'il n’y paraît de prime abord, révélant, au fil du temps, mille reflets, facettes et contrastes, très subtilement décalés. Avec grande dextérité, Califone passe du riff de basse distordu de l'obsédante Giving Away The Bride – on pense au Nerve Net (1992) de Brian Eno – à des ballades de facture plus classique, évoquant Swell de la grande époque (Polish Girls, 1928, Funeral Singers, Buñuel), Felt (Evidence), les maîtres de la côte-Ouest des années 70 (la superbe Alice Marble Gray, Better Days) et The Residents (Ape-Like). Si, à défaut d'images, il faudra faire preuve d'une solide imagination, il n'empêche que l'expression “bande originale” est de bon aloi, comme disait l'autre.
Puisant à sa source même (les chansons d'esclaves, le blues, le folk et le songwriting des années 50), tout en y injectant de pertinentes doses d'électronique, ils empruntent comme de coutume, un tas de voies souterraines, corridors et passages secrets afin de d'élaborer un travail de composition bien plus alambiqué qu'il n’y paraît de prime abord, révélant, au fil du temps, mille reflets, facettes et contrastes, très subtilement décalés. Avec grande dextérité, Califone passe du riff de basse distordu de l'obsédante Giving Away The Bride – on pense au Nerve Net (1992) de Brian Eno – à des ballades de facture plus classique, évoquant Swell de la grande époque (Polish Girls, 1928, Funeral Singers, Buñuel), Felt (Evidence), les maîtres de la côte-Ouest des années 70 (la superbe Alice Marble Gray, Better Days) et The Residents (Ape-Like). Si, à défaut d'images, il faudra faire preuve d'une solide imagination, il n'empêche que l'expression “bande originale” est de bon aloi, comme disait l'autre.
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