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Après la colline de Blaesheim (Blaesheim Hill, 2005), voici venu le temps d’un deuxième album sous forme de Diagramspour Buggy, groupe trop discret né des cendres des Molies (un sémillant album paru chez Cornflakes Zoo au début des années 90, à dénicher) et mené par le mentor du label strasbourgeois Herzfeld, Renaud Sachet. Après une petite foulée faussement enjouée (1973 et son clip sur le thème du jogging, à voir), Buggy envoie Teenage Fanclub dans l’espace via l’Afrique (Angel). C’est alors que survient le tube soft Back In My Mind, qui renvoie au Peter Astor des années solitaires – Submarine (1990) et Zoo (1991), deux belles antiquités. Autant dire que la science de la chose pop se pose un peu là, sans prétention, ni amateurisme.

Sur le titre suivant (Enjoy The Show), Buggy fait montre d’une vraie prise de risque vocale, en développant cet état d’esprit affranchi, aussi pur qu’honnête, cher à Jonathan Richman ou Daniel Johnston. En clôture de ce disque imprévisible, A Truth fait froid dans le dos, n’ayant pas peur d’évoquer des regrets sans pour autant tomber dans une nostalgie mortifère, illustrant à merveille l’adage kubrickien selon lequel “innover, c’est aller de l’avant sans abandonner le passé”. Mais qu’on se rassure, la tendresse bienveillante de Fireworks ou le méchant groove quasiment gospel de Power To The People (que Primal Scream n’aurait pas jeté avec l’eau du bain à l’époque de Give Out But Don't Give Up, en 1994) offrent autant de pistes (de danse) et de joie que les membres de Buggy ont d’amour pour la musique. Et l’on sait, de source sûre, qu’elle est immense.
Etienne Greib
MAGIC RPM  #139

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