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The Remixes 2004-2011 de Boys Noize

chronique d'album
Quoi de plus chiant qu'un disque de remixes, double en sus ? Mais puisqu'il s'agit de parler de Boys Noize, on veut bien se taper avec le sourire les vingt-quatre titres (et plus de deux heures) de The Remixes 2004-2011. Même si certaines (rares) relectures ont fini par taper sur le système (Personal Jesus de Depeche Mode, My Moon My Man de Feist), le plaisir de trouver la première partie de sa carrière résumée dans un objet l'emporte. On peut y entendre comment Alexander Ridha est devenu en sept ans l'un des personnages les plus importants de l'electro mondiale, acclamé par la critique et jalousé par ses pairs. Baromètres de sa caution artistique, ces travaux lui auront finalement permis de dépasser sa condition de DJ pour développer sur long format ses immenses talents de producteur (Chilly Gonzales en 2010, Spank Rock en 2011, bientôt Scissor Sisters). Chaque titre s'écoute ainsi comme une rencontre décisive, chance pour l'Allemand de développer ses affinités tout en inventant son style, ancrant son œuvre au cœur de la pop culture.

The Remixes (2004-2011) -preview

À travers les maîtres (Daft Punk, The Chemical Brothers) et les proches (Modeselektor, Chilly Gonzales, Para One), les valeurs sûres (N*E*R*D, Cut Copy) et les sensations du présent (Justice, Late Of The Pier, Editors), les adeptes d'un classicisme (Kaiser Chiefs, Charlotte Gainsbourg) et les aliens de toute espèce (Marilyn Manson, Sébastien Tellier, David Lynch), c'est un homme nouveau et unifié qui donne de la voix. Un génie de l'illusion sonore, inventant sans cesse des “trucs” pour induire la transe et l'hypnose, jouant sur l'occupation de l'espace et la dilatation du temps, célébrant la continuité entre sons physiques et virtuels. D'abord impressionnante car surpuissante, la musique de Boys Noize n'en est pas moins humaine, et même familière (ce kick si proche et organique, ces synthétiseurs pauvres qui resplendissent), préférant apprivoiser nos perceptions pour les dérouter plutôt que d'asséner ses performances. Impossible d'imaginer désormais l'avenir de la pop music sans penser à Boys Noize.
Michaël Patin
MAGIC RPM  #158

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