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Ah, les jolis oiseaux tristes que voilà ! Depuis notre dernière rencontre discographique (Upper Air, 2009), le sort s’est acharné sur Beth Tacular et Philip Moore : mademoiselle est tombée gravement malade, le couple qu’ils formaient dans une cabane au fond des bois a explosé en plein vol et monsieur a prématurément perdu son ami le plus cher. Autant de sales épreuves qui, plutôt que d’avoir raison de Bowerbirds, ont nourri leur album le plus ambitieux et le plus poignant à ce jour, The Clearing. Parfaite illustration de la célèbre formule de Nietzsche “tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort”, ce troisième LP, entre folk malin et pop pastorale, parvient à prendre de l’ampleur sans perdre de cette touchante fragilité qui fait tout le charme du duo hippie de Caroline du nord. Adeptes assumés du DIY, Tacular (accordéon, chant, percussions, sourire ravageur) et Moore (guitare, chant) ont eu la bonne idée de s’en remettre à deux pièces maîtresses de l’entourage de Bon Iver, Sean Carey au vibraphone et surtout Brian Joseph, l’ingénieur du son aux doigts d’or…

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Plus complexes que par le passé, ces onze nouvelles compositions profitent de tout le savoir-faire des hommes de main de Justin Vernon, ainsi que des apparitions furtives de Tim Phillips au trombone, Rachel Rollins au violon et Leah Gibson au violoncelle. Fidèle d’entre les fidèles, Mark Paulson assure, quant à lui, sur tout le disque de sublimes parties d’orgue, de guitare ou de violon. Qu’on se rassure, si le ton général est assez grave (Tuck The Darkness In, Death Wish), la musique sait se faire suffisamment légère et envoûtante pour rendre l’ensemble fort attractif et attachant. Et s’il faut quelques écoutes pour se l’approprier, The Clearing passera plus d’un hiver sur nos platines.
Renaud Paulik
MAGIC RPM  #160

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