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Rad Times Xpress IV de Black Bananas

chronique d'album
Devenu RTX après le départ de Neil Michael Hagerty, c’est désormais sous l’appellation Black Bananas que l’on ira prendre sa dose annuelle de Royal Trux. Mais si les noms valsent du côté de la sauvage tenancière Jennifer Herrema, sa musique conserve ce même goût pour les mélanges improbables qui rendent heureux : rock métallique, psychédélisme rampant et funk poisseux sont plus que jamais au menu de ces bananes carbonisées… Rad Times Xpress IV, ou comment, à la tête d’une bande d’inquiétants chevelus, la pythie d’un rock’n’roll américain sale, bête et méchant livre le disque le plus jubilatoire et décalé de sa carrière. On notera à ses côtés la présence aux guitares du génial Kurt Vile et du roi du doom metal Scott Weinrich, ainsi que la sulfureuse Pamela Love et l’artiste contextuel Justin Lowe.



Réunion au sommet, donc. Et si tout ce que joue cette fine équipe a déjà été interprété, en mieux et il y a fort longtemps, par The Velvet Underground, The Stooges, MC5, The Grateful Dead et Funkadelic, le simple fait qu’une entreprise aussi branlante puisse voir le jour en 2012 la rend forcément sympathique. Pied au plancher, influencé par des substances dont on préfère ne rien savoir, Black Bananas massacre les moindres conventions instrumentales et torpille les règles les plus élémentaires du mixage. Certes éprouvant pour les oreilles – écoute au casque déconseillé –, Rad Times Xpress IV s’inscrit dans la longue lignée de ces disques idéaux pour emmerder voisins et parents, pour peu que l’on décide de l’écouter au volume qui lui convient… Maximum !
Renaud Paulik
MAGIC RPM  #159

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