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Common Era de Belong

chronique d'album
Belong est un groupe qui sait se faire désirer. La rencontre la plus marquante avec ses productions remontait à 2008, lors de la sortie du sublime Colorloss Record – un EP parfait où le duo de la Nouvelle-Orléans se montrait une nouvelle fois d'une rare élégance en reprenant (notamment) Late Night, la sublime chanson de Syd Barrett. Tout l’art de Turk Dietrich et Mike Jones se résumait à un minutieux travail de sculpteur de sons, servant des mélodies oniriques avec finesse et justesse. Depuis la fresque suivante (Same Places (Slow Version), 2008), Belong s'était installé dans un mutisme inquiétant… On avait presque abandonné l'espoir de voir à nouveau ces belles nappes de guitares hanter nos esprits. Common Era, donc, ou les retrouvailles fantasmées avec une musique brillante et ensorceleuse.


Perfect life


A Walk

En trois longues années, celle-ci n'a rien perdu de sa densité, les riches influences (My Bloody Valentine, Xinlisupreme, Bowery Electric) des deux comparses de la Louisiane se conjuguent toujours aussi magistralement à l'écriture de mélodies pop renversantes. Il faut alors reprendre les bonnes habitudes du shoegazing : pousser le volume un peu plus fort que de coutume afin que Come See révèle tous ses détails et aspérités, prendre le temps de se laisser bercer par la grâce de A Walk (véritable bénédiction de ce disque enchanteur), être particulièrement attentif aux bouillonnements de Perfect Life (le titre le plus pop) et Very Careful, choyer les ondulations sensuelles qui meuvent les discrets Keep Still et Common Era. Ces neuf titres sont faits de la même atmosphère éthérée où l'essentiel se passe en filigrane, à la façon des spectres sonores de Loveless (1991). On retrouve ici le même souffle, une volupté semblable, une science comparable dans l'art d'orchestrer le bruit et l'harmonie qui habitaient (il y a déjà vingt ans) le chef-d'œuvre de Kevin Shields. Common Era, loin d'être un pâle copie du modèle, se révèle tout aussi riche et délicieux au fil des écoutes : on n'attendait pas moins de ce merveilleux groupe.
Xavier Mazure
MAGIC RPM  #151

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