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Belle façon de tester les amateurs de Belle & Sebastian que de leur faire écouter cet album. Gageons qu'une bonne partie sera déçue par sa tournure, prouvant du même coup que la mythologie lo-fi-twee-cutie attachée au groupe importait finalement plus que ses compositions. Mais voilà , Stuart Murdoch a pris de la bouteille. Sans pour autant prendre une ride ni perdre son goût du jeu, l'Écossais a su s'extraire d'un carcan dont il se sentait lui-même prisonnier. Au risque d'être mauvaise langue, on avancera même que le départ d'Isobel Campbell n'est pas étranger à cette métamorphose. Car métamorphose il y a. La voix, d'une part. Si elle reste reconnaissable dès le prime abord, elle a perdu de son aspect chevrotant et mièvre pour s'étoffer, onduler et moduler au gré des mélodies de la plus élégante manière. La production, elle, a bénéficié du coup de patte, voire de patine, de Trevor Horn, rendant le son plus compact et les variations plus nettes. Pas de Buggles ni de tATu ici, rassurez-vous, hormis quelques rares touches électroniques dont on se demande même si elles ne sont pas dues à cet impayable Stuart lui-même. Alors, Murdoch, néo-magnat de la musique? Rien n'est plus faux, car on retrouve, intactes, ses influences originelles, de Felt à The Smiths, en passant par The Left Banke ou... Belle & Sebastian. S'il a toujours eu le sens du jeu, cette fois le gaillard semble s'y être livré sans filets, ici en faisant claquer une guitare new-wave (I'm A Cuckoo), là en incluant des trompettes pour Holiday Inn circa 82 (You Don't Send Me). Et quand il s'adonne à l'exercice de style pur, c'est toujours avec malice et subtilité, comme sur Piazza, New York Catcher aux faux airs de chanson à boire poguesienne ou ce Step Into My Office, Baby, sa mini-symphonie, son Good Vibrations à lui. L'heure de l'émancipation est enfin arrivée pour Stuart Murdoch, espérons que cela lui assure de meilleurs lendemains que Brian Wilson.
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