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Sortez les déodorants : deux mastodontes de l'electro qui tabasse font leur retour discographique. Outre leur goût pour les foules défoncées en transe, Basement Jaxx et Vitalic ont un point en commun : ils ont été, en des temps presque immémoriaux pour un cerveau de clubber, touchés par la grâce. Le temps de presque deux albums pour le duo de Brixton – le moite Remedy (1999) et l'hystériqueRooty (2001) –, et d'un maxi pour le Dijonnais – le tellurique Pony Ep (2001). On les a aimés, on a cru fort en leur talent. Et même si de la sueur a coulé sur les dancefloors depuis, et que les mauvais trips se sont enchaînés à plus (Basement Jaxx) ou moins (Vitalic) grande vitesse, on conserve malgré tout ces souvenirs radieux, agissant insidieusement sur l'enthousiasme.

Forcément, la sanction est sévère lorsqu'on tente d'écouter leurs nouvelles livraisons. Souffrant de graves troubles du discernement depuis Kish Kash (2003), Simon Ratcliffe et Felix Buxton ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes (et encore) sur Scars. Dans ce carnaval sans âme où ne surnagent que quelques bribes de stupre réchauffé, les featurings dépareillés (Kelis, Lightspeed Champion, Santigold, Lisa Kekaula, Yoko Ono, n'importe quoi) sont les dernières traces tangibles d'un statut cool que chaque morceau s'acharne à enterrer. Quant à Pascal Arbez-Nicolas, son Flashmob défie les pronostics les plus alarmistes. À force de retouches (quatre ans se sont écoulés depuis Ok Cowboy, 2009), sa musique a fini par perdre tout impact, sans parler de sa déconnexion inquiétante avec l'époque. Après un See The Sea (Red) en guise de réplique tardive aux coups portés par Justice, il déroule de la house au kilomètre, visant la mélancolie mais croulant sous les poncifs bourrins. Samedi soir, tout le monde au lit.
Michaël Patin
MAGIC RPM  #136

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