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France Culture de Arnaud Fleurent-Didier
chronique d'album
Depuis des
jours, des semaines, des mois, on trépigne. Depuis la découverte du deuxième
album insensé d’Arnaud Fleurent-Didier, un jour de décembre 2008 dans le studio
de Stéphane “Alf” Briat (mixeur aux mains d’or), on s’impatiente d’évoquer ce
disque générationnel, véritable quintessence des enfants des parents du baby
boom dont nous sommes. Déjà sensible à capter son époque millénariste, son air
du temps parisien et ses tourments existentialistes sur l’inaugural Portrait Du Jeune Homme En Artiste (2003),
le trentenaire Arnaud Fleurent-Didier enfonce le clou. Avant la sortie de La Reproduction pour fêter l’année 2010,
le chanteur publie un tube absolu, France Culture, qui n’est pas sans évoquer La
Ritournelle de Sébastien Tellier. Où il est question, en trois minutes et
quelques (le format pop par essence), de mayonnaise, d’équation de Schrödinger,
de revers à deux mains, d’un modèle libéral démocratique, du cinéma français, de
mai 68, de Balzac, d’une carte du PC, d’Apocalypse
Now, de comment faire avec les filles, de demi-frère, de demi-sœur, de
Lacan, de Julien Clerc, des gauchistes, des nouveaux riches, de cathos, etc. Il
faut l’entendre, d’une voix sensible et touchante, interprétant “On ne m’a pas donné de coups/On m’a sans
doute aimé beaucoup/Il n’y avait pas de choses à faire, à part peut-être
polytechnicien/Il n’y avait pas de choses à ne pas faire, à part peut-être
musicien”. France Culture, c’est
l’histoire de la vie d’Arnaud Fleurent-Didier. Son potentiel d’incarnation est
tel que la célèbre radio éponyme songe même à en faire son indicatif.