Premier artiste signé chez Paw Tracks à ne pas faire partie d'Animal Collective, Ariel Pink n'en demeure pas moins aussi barré que nos chers animaux de compagnie. Deuxième album autoproduit sur un huit-pistes forcément bas de gamme, Haunted Graffiti est en fait la somme de deux sessions chaotiques respectivement intitulées The Doldrums et Vital Pink, ou les deux faces d'un hypothétique vinyle. Mais si l'ordre et la clarté ne semblent pas être des vertus déterminantes dans l'oeuvre de ce jeune garçon à qui l'on conseillerait volontiers du repos salvateur, il faut bien admettre qu'une relative fraîcheur émane de son disque fourre-tout. Basés sur des batteries chantées (!) et quelques lambeaux de guitares ou de claviers (qui ne jouent d'ailleurs pas toujours la même chanson au même moment), les quinze titres lo-fi en état de surchauffe manifeste virent le jour sur le flanc d'une colline de Los Angeles. Claustrophobe au grand air, notre Syd Barrett réincarné punk a su charmer le talentueux Panda Bear, sans jamais pourtant supporter la comparaison avec la plus anecdotique oeuvre de ce dernier. On ne conseillera donc cet album qu'à un public très averti, adepte d'émotions fortes et de sonorités radicales, comme ces longues Ballad Of Pony Pyn et Good Kids Make Bad Grown Ups dont on ressort épuisé mais conscient du fait que tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le mal, dans celui d'Ariel Pink, est en tout cas bien profond.