Ce cinquième album d'Arab Strap signe le retour à une écriture à quatre mains de la part des deux Écossais après des expériences solitaires plus ou moins heureuses, Lucky Pierre pour Aidan Moffat et Malcolm Middleton sous son seul patronyme. Comme bien souvent dans ces cas-là, la magie n'opère qu'ensemble, leurs talents se complétant à merveille. Seulement, on pourra noter au gré de ce nouvel opus quelques ratés dans une mécanique dramatique pourtant bien huilée. Un constat loin d'être alarmant , même si certains titres déçoivent pour leur inconsistance chronique (The Week Never Starts Round Here) et d'autres souffrent d'une production brouillonne. Heureusement, il n'est ici question que de baisse passagère de régime tant Monday At The Hug & Pint recèle de nouveaux trésors à la hauteur de nos légitimes espérances. Tout d'abord, les arrangements se font plus riches et donnent une nouvelle dimension à leurs compositions. Ensuite, leur marque de fabrique une boîte à rythmes cheap et bancale leur permet une nouvelle fois de toucher régulièrement au génie : The Shy Retirer, Peep Peep, Flirt ou Serenade en témoignent de la plus belle manière. Enfin, Fucking Little Bastards surprend par sa violence : batterie militaire, guitare glauque et agressive, Arab Strap fait son Pornography en moins de cinq minutes particulièrement malsaines. Naviguant en permanence entre désillusion et optimisme, frustration et libération, Arab Strap poursuit coûte que coûte sa route semée d'embûches. En cela, Monday At The Hug & Pint constitue un passage obligé vers des jours que l'on espère forcément meilleurs.