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Car, tout ce qui peut se ressentir et s’éprouver, Animal Collective le diffuse intimement dans sa musique depuis huit ans, et encore aujourd’hui au sein de son nouvel Ep aquatique, Water Curses. Ici, aucun indice sur le prochain disque “tropicaliste”, mais quatre inédits enregistrés pour trois d’entre eux lors des sessions qui aboutirent à l’album de la consécration, Strawberry Jam (2007). Si les initiés découvriront une version studio quelque peu décevante de Street Flash, ce sont surtout Water Curses et Cobwebs qui explosent l’attention. La première virevolte au gré d’un air tournoyant, la seconde lancine puis s’illumine en son milieu grâce à sa ritournelle vocale.
Sur ces deux chansons, pendant qu’une électronique noyée d’effets toujours aussi indéfinissables fait œuvre de flots sonores avant-gardistes, les chants de Avey Tare et Panda Bear font office de véhicules réjouissants, parvenant à déclencher par leurs sursauts, leurs entremêlements incessants et leurs variations féeriques, des étincelles mélodiques imparables. Et si l’on peut s’agacer de l’omniprésence de Animal Collective, Water Curses réalimente une source créatrice séminale au moment où d’innombrables formations (Grizzly Bear, The Ruby Suns, Yeasayer, Born Ruffians, High Places, Munch Munch, etc.) s’y abreuvent jusqu’à plus soif.
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