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À
l’écoute des maquettes enregistrées par Alec Ounsworth dans son
minuscule studio de Philadelphie pour les deux albums de Clap Your
Hands Say Yeah, on mesure à quel point chaque titre était écrit,
pensé et agencé avant d’être soumis au reste du groupe.
Cantonnés au simple rôle d’exécutants, les quatre musiciens
s’acquittaient alors brillamment de leur tâche. Aujourd’hui,
rincé par le semi-échec de sa collaboration avec Dave Fridmann, le
groupe sommeille, mais son leader demeure plus actif que jamais…
Partagé entre ses aventures au sein de Flashy Python – dont
l’album, uniquement disponible sur le net, mériterait une plus
large diffusion – et Mo Beauty, son
excellent premier album solo, Ounsworth déborde de créativité.
Enregistré au studio Piety Street à la Nouvelle-Orléans, sous la
houlette de Steve Berlin (Los Lobos, The Replacements), ce disque
bien nommé confirme que les vieux pots donnent effectivement les
meilleures soupes : à la basse, George Porter Jr. (The
Meters) ;
à la batterie, Stanton
Moore(The
Galactic) ;
aux claviers, Robert
Walter
(Greyboy
Allstars) ;
au supplément d’âme, Al
Johnson
(The Unifics, Carnival Time).
En aussi bonne compagnie, le chanteur nasillard ne pouvait que se détendre et livrer l’album laid back dont on le pressentait capable. C’est désormais chose faite. Guitariste accompli, son jeu rythmique frénétique – on songe à David Byrne et Robert Smith – laisse place à quelques soli obliques dignes de Marc Ribot sur Rain Dogs (1985) de Tom Waits, comme en témoignent les splendides Bones In The Grave et Idiots In The Rain. Ramassé en dix titres et quarante minutes (sans le moindre déchet), Mo Beauty évoque les meilleurs moments de Born Ruffians, quand soul et pop boisée cheminent main dans la main. Et si Holy, Holy, Holy Moses (Song For New Orleans) et What Fun montrent à quel point l’acoustique sied à Ounsworth, le chaloupé South Philadelphia (Drug Days) – Dieu, quel son de guitare ! – invite à danser sur les cendres encore chaudes de son fameux groupe new-yorkais, alors que Modern Girl (…With Scissors) et That Is Not My Home (For Bruegel) troquent les synthétiseurs d’antan pour des cuivres enjôleurs. Autre sommet du disque, l’obsédante Obscene Queen Bee – dont une version alternative figure sur Skin And Bones de Flashy Python – confirme l’évidence : Alec Ounsworth foule désormais de son pas nonchalant les plus hautes cimes artistiques.
En aussi bonne compagnie, le chanteur nasillard ne pouvait que se détendre et livrer l’album laid back dont on le pressentait capable. C’est désormais chose faite. Guitariste accompli, son jeu rythmique frénétique – on songe à David Byrne et Robert Smith – laisse place à quelques soli obliques dignes de Marc Ribot sur Rain Dogs (1985) de Tom Waits, comme en témoignent les splendides Bones In The Grave et Idiots In The Rain. Ramassé en dix titres et quarante minutes (sans le moindre déchet), Mo Beauty évoque les meilleurs moments de Born Ruffians, quand soul et pop boisée cheminent main dans la main. Et si Holy, Holy, Holy Moses (Song For New Orleans) et What Fun montrent à quel point l’acoustique sied à Ounsworth, le chaloupé South Philadelphia (Drug Days) – Dieu, quel son de guitare ! – invite à danser sur les cendres encore chaudes de son fameux groupe new-yorkais, alors que Modern Girl (…With Scissors) et That Is Not My Home (For Bruegel) troquent les synthétiseurs d’antan pour des cuivres enjôleurs. Autre sommet du disque, l’obsédante Obscene Queen Bee – dont une version alternative figure sur Skin And Bones de Flashy Python – confirme l’évidence : Alec Ounsworth foule désormais de son pas nonchalant les plus hautes cimes artistiques.
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