Combien de producteurs de drum'n'bass s'obstinent à persévérer dans un genre pourtant moribond ? Combien d'autres ont réussi leur reconversion ? Parmi les quelques survivants dont on a des nouvelles, Photek ne s'est pas montré unanimement convaincant avec sa house baléarique, Roni Size s'est contenté d'une redite timorée, et 4Hero est attendu au tournant dans quelques semaines. Quant à Goldie, on aura sûrement des nouvelles lorsqu'il aura retrouvé une nouvelle maison de disques prête à l'accueillir. Adam F, lui, a opté pour le hip hop et... le r'n'b, réunissant d'ailleurs pour l'occasion un casting de grandes pointures, le tout sur fond d'orchestre symphonique. Adam F peut donc être fier de son coup, lui qui voulait générer un Kaos, il livre ici un beau bordel. Certes, il n'est pas évident de demander à des Redman, De La Soul, Guru & Carl Thomas, MOP, Capone'n Noriega, Lil Mo, Pharoah Monch et autres LL Cool J de se tenir bien sagement à leur place, mais on était en droit de s'attendre à un peu plus de cohérence à l'intérieur même de chaque morceau. C'est l'énergie et l'efficacité de l'édifice tout entier qui en pâtit. Pourtant, au milieu de ce capharnaüm informe, se cachent quelques perles : Greatest Of All Time ou Where's My ***, quelque part entre l'electro old shool, et le r'n'b FM racoleur de Destiny's Child. Kaos est donc très loin de s'approcher de l'oeuvre révolutionnaire dont l'auteur paraît se croire capable. Cependant, en fouillant un peu, il est possible d'entendre çà et là un hip hop tout de même tranchant, à la fois mélodique et abrasif.