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ABSINTHE (PROVISOIRE) de Absinthe (Provisoire)

chronique d'album
Un vent de folie créatrice souffle décidément en direction de Montpellier. Après "rinôçérôse"et autres Clones, c'est au tour du quintette Absinthe (Provisoire) de dévoiler au public sa face cachée, qui verse volontiers dans la dépression post-rock. Tout au long de ces six pièces instrumentales, le groupe développe une musique cérébrale et sombre, où les guitares s'entrechoquent en silence avant de fusionner dans un bruit de tempête. On pense à la bande-son d'un film expérimental imaginaire, les textures sonores offrant aux images fantasmées une véritable profondeur de champ. Cet album s'impose ainsi comme un écho français crédible aux propositions soniques de Godspeed You Black Emperor! ou The Silver Mt. Zion..., et érige même quelques échafaudages sonores plus complexes que ceux de ses aînés canadiens. Au risque de paraître hermétique, voire ennuyeux sur les passages les plus progressifs. Un titre comme Do Bémol En Si Majeur, lente complainte noisy de onze minutes, a de quoi rebuter le néophyte, tant les enjeux y sont difficilement perceptibles. Mais une fois n'est pas coutume, l'auditeur tenace est récompensé par une série de thèmes arborescents, toujours empreints d'un désir de liberté salvateur (Internalité Du Sujet, Ennio, French Chocolate). De quoi retrouver de manière provisoire, entre les lumières étranges et les nappes de fumée, la fièvre erratique des buveurs d'absinthe...
Michaël Patin
MAGIC RPM  #76
article extrait de :
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